Bouchées épicées de maquereaux fondants.

Sort de l'ordinaire.


Tout le monde a son petit endroit qu’il trouve le plus beau du monde, moi c’est la plage de St Guirec par marée haute, au soleil couchant. Cette splendeur à la fois magistrale et apaisée me transporte à tous les coups. En plus, cela tombe bien, on y trouve aussi un bel hôtel 1930*, littéralement posé sur l’eau, où nous aimons beaucoup diner et donc associer le plaisir des yeux à celui d’une bonne table.

Cet été encore nous y avons passé une magnifique soirée, commencée en fanfare avec ce maquereau mariné à sec, lorgnant sans aucun doute du côté de Monsieur Roellinger, surprenant et parfumé.

Le maquereau quand c’est bon c’est fou non ?

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Galette de sarrasin à la roquette et au lard de colonnata.

Exotique.

Ce n’est pas parce que je suis moitié bretonne que je vous dis ça, mais la galette de sarrasin c’est quand même un chef d’œuvre. A la fois croustillante et moelleuse, épicée, et quelle alliance  avec le beurre mes amis !  Elle est facile à détourner, on peut la retrouver dans plein de préparations inattendues : séchée, grillée, pulvérisée, roulée – elle souligne, relève, donne un coup de fouet à la fois rustique et raffiné, bref, j’aime la galette.

Ma dernière lubie en la matière est de la faire se marier avec le fantastique lardo di colonnata qu’on ne présente presque plus, ce lard épicé conservé dans le marbre qui fait swinguer les gastronomes du monde entier. Si on mange de la pizza au lardo di colonnata à New York, on peut bien le manger en galette à Paris.

Pour mettre en scène ce mariage que je voulais chic, j’ai essayé plusieurs préparations : en chips, en languettes, en rouleaux – et bien je dois dire que c’est dans la présentation la plus traditionnelle que c’était le meilleur, c’est donc celle que je vous livre.

Mais attention, c’est du raffiné, ne vous y trompez pas …. Lire la suite

Aubergines confites, grenade et crème de safran – et la malédiction du pignon pakistanais.

Fondant et ensoléillé.

Ha la la mes amis, je sais que vous allez me dire « Ho non pas ENCORE une recette d’aubergines » – mais voila j’en ai plein dans mon panier hebdomadaire, et elles sont belles et elles sont bonnes. Elles méritent une recette gourmande, colorée, culottée même : la sauce au safran il fallait y penser non ?

Le résultat est surprenant, raffiné, délicieux. C’est joli, c’est ensoleillé, on en redemande, alors hop, en cuisine. Lire la suite

Terrine de canards colverts au foie gras et un consommé bien tourné.

Tout simplement merveilleux.

En plumant les canards l’autre jour, mon mari a eu cette réflexion :  « Et bien là, ce qui est sur, c’est que je ne pense plus au boulot« .

Tu m’étonnes !

En 2010, pour les citadins que nous sommes, recevoir et apprêter du gibier, c’est une petite aventure. C’est du boulot, c’est bestial, c’est sanglant, et pourtant… on approche de ce que la gastronomie a de plus raffiné :  la folie douce de passer trois jours en cuisine, juste pour une poignée d’instants gourmands partagés avec ceux qu’on aime.

Nous remercions donc chaleureusement notre talentueux chasseur Yves (et sa charmante épouse Catherine) de nous avoir fait le cadeau de trois magnifiques canards colverts, et pour leur faire honneur (aux canards), j’ai décidé de me lancer dans la confection d’une terrine de fête accompagnée d’un double consommé *. Lire la suite

Le plat super moche qu’il ne faut pas laisser passer : les tendrons de veau à l’aubergine.

Vilain petit canard.

Celui là c’est un de mes plats préférés mais que voulez-vous, il n’est franchement pas sortable. On a beau essayer de le mettre en valeur,  de présenter les aubergines dans une verrine : rien à faire. Il est moche. Pas beau du tout. Une masse informe.

Alors on le fréquente en secret, loin des regards. On ne le servirait pas dans le beau monde – pensez-vous : au coin, cache ta face, et en plus avec des aubergines !

Franchement ça fait pas rêver …

Et pourtant, c’est sans doute un des meilleurs plats mijotés que je connaisse. Il est tout simplement fondant, parfumé. Aussi délicat qu’il a l’air grossier. Et ce n’est pas compliqué à faire, il faut juste être patient, attendre que les aubergines deviennent moelleuses et s’imprègnent doucement du veau.

Un bonheur ! Si vous passez outre vos préjugés, promis vous ne le regretterez pas – en plus c’est même pas gras !

Mais je vous aurai prévenus hein ? C’est pas avec ça que vous passerez dans Elle à Table ! Lire la suite

Petite rémoulade relevée, gambas tigrées, et les Bret brothers.

Frais et gourmand.

De retour des vacances, la Petite Cuisine se surveille. Forcément après la Bretagne (crêpes, andouilles et pommes de terre) et la Méditerranée (pizzas, fritures et raviolis au gorgonzola), me voila grasse comme un porcinet et je ne rentre plus dans ma robe pour le mariage de mon copain Bertrand. Comme dirait l’autre : c’est la ca, c’est la cata, c’est la catastrophe.

On mange donc léger ces jours-ci, du moins on essaye, parfois même on y arrive, et je suis particulièrement contente de la petite recette que je vous ai concoctée pour aujourd’hui: une rémoulade relevée et fraiche, pleine d’herbes et de citron, accompagnée de quelques gambas tigrées que j’ai eu la chance de trouver vivantes. On s’est régalés, n’en déplaise à Monsieur Dukan.

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Cuisine d’extrème orient : La Corée, c’est le nouveau Japon ! (et la recette du chapchae).

Nouilles de patates

Il y a un truc qui me réjouit à chaque fois dans les magazines de mode, ce sont les expressions comme Le doré c’est le nouveau blanc, ou Le short c’est la nouvelle mini-jupe. La gastronomie étant elle même soumise aux courants remuants d’effets de modes contradictoires, je me permets d’utiliser le même jargon, et je vous annonce ce scoop tout droit sorti de mon bureau personnel d’anticipation des tendances : La Corée, c’est le nouveau Japon.

Débarquée en trombe dans les années 90 avec ses sushis et mignons yakitoris, la sublime cuisine japonaise fait maintenant partie de notre paysage : pensez-vous, on parle même de nouilles udon en prime time sur TF1 et on trouve des edamame* chez Picard.

Mais voila, à force d’être galvaudée, la cuisine japonaise, c’est moins le grand frisson : si vous voulez épater votre joli(e) collègue au déjeuner, il va falloir trouver autre chose que le menu sashimi-saumon du coin.

Or, ça tombe bien,  il se trouve que les Coréens ont développé une gastronomie tranchante, riche et raffinée, qui nous reste à découvrir et qui n’a pas grand chose à envier à sa cousine japonaise. C’est une école de feu, de fraîcheur, de poissons et viandes, colorée, pimentée, joyeuse et inventive qui ne peut laisser insensible même le plus blasé des gastronomes.

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Chez Benoit, « l’esprit bistrot » c’est pas du chiqué.

SOo French ...

Pour moi, aller diner chez Benoit c’était un vieux rêve. Une des plus anciennes brasseries parisiennes (1912), une des plus « chic » aussi. Un lieu dans son jus, avec superbe vaisselle d’époque et bêtises de Cambrai sur le comptoir. Et depuis que Benoit a rejoint le groupe Ducasse en 2005, la réputation de bonne table n’a fait que se confirmer. Alors je suis ravie, toute guillerette en ce samedi soir d’aller respirer de cette atmosphère « Paname », que l’on espère authentique – pour une fois !

Car elles sont trop nombreuses les  anciennes brasseries qui ont vendu leur âme au diable. Qui sont devenues des scènes d’opérette un peu vides, pour touristes essayant de se convaincre qu’ils sont au cœur de la vie parisienne. Il y a même des adresses mythiques où il parait que, malgré la belle mode de la Bistronomie, on ne fait plus vraiment la cuisine sur place.
Il n’y a pourtant pas de mal à vouloir préserver l’image d’Epinal. Faut-il pour cela renoncer à la sincérité de la table ?

Mais retournons chez Benoit.

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