Archives pour la catégorie Recettes

Bar aux feuilles de cerisier (sakura) et purée de petits pois au wasabi

J’adore la cuisine japonaise, et ça ne date pas d’hier. Dans les années 80, alors que la rue Monsieur le Prince ne songeait même pas à accueillir son premier Tokyorama, mes parents nous emmenaient manger sushi et yakitori chez Toritcho, une petite adresse japonaise de la rue du Montparnasse*.

Manger du poisson cru à l’époque était à peu près aussi exotique que de s’envoyer une brochette de chenilles pour quatre heures, et je remercie une fois  de plus l’infatigable curiosité gustative de mes chers parents, qui m’a permis de découvrir avant l’heure (française) cette cuisine si résolument différente de la notre.

Tout ça pour vous dire que la cuisine japonaise et moi, ça ne date pas d’hier, et  que si je vous dis que la recette d’aujourd’hui est une fusion de la plus grande classe entre la cuisine française et la cuisine japonaise, vous pouvez me croire sur parole – c’est du sérieux.

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Rillettes de maquereaux à l’estragon et au citron confit de Christian Lesquer – en maki ou pas.

Salut les copinous, dites donc vous avez vu un peu ce qui se passe ? C’est pas dingue ? Il y a du SOLEIL !!! On n’en revient pas, on avait même presque oublié comme c’était chouette d’avoir chaud, du coup ça nous donne un de ces coups de boost au moral : on a envie de cuisiner un truc d’apéro, un truc festif, un truc qui se grignote dans le jardin avec un bon vin blanc frais – et on se souvient qu’on a lu quelque part une recette de rillettes de maquereau au citron confit qui avait l’air fort honnête.

On l’a trouvée dans le livre Sushi Solidaire, édité par le magasine Wasabi afin de soutenir l’effort de reconstruction au Japon. Nous avions par ailleurs trouvé ce livre chez feu le magasin Uah!, que nous aimions bien (malgré son nom imprononçable, je me suis ridiculisée vingt fois en recommandant l’adresse) pour les très beaux objets japonais qu’il proposait à la vente (notamment des pièces de vaisselle sortant complètement de l’ordinaire), et dont nous regrettons la fermeture (et oui c’est fermé, voila donc une information qui ne sert à rien, c’est pour vous ça me fait plaisir).

Bref. Dans ce livre un certain nombre de grands chefs français sont invités à revisiter le sushi, et je dois dire que beaucoup d’entre eux sont restés partisans du moindre effort.

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Les petits financiers chocolat café de Pierre Marcolini

Figurez-vous ma bonne dame que ma somptueuse copine Virginie travaille chez Nespresso, et qu’elle a l’amitié d’avoir un peu de considération pour nos modestes talents culinaires. Cette information, quoique captivante, n’aurait que peu d’intérêt pour les lecteurs exigeants que vous êtes, si elle ne m’amenait à vous présenter le précieux livre qu’elle m’a offert : Chocolat Café de Pierre Marcolini.

Pierre Marcolini, je vous en ai déjà parlé ici, est l’un des plus grands chocolatiers que la Belgique ait porté. Ce drôle de beau gosse aux faux airs de Julian Assange (mais en moins bizarre), a conquis la planète en quelques années avec des chocolats intenses, très purs, que l’on dirait façonnés par un collectif de designers inspirés. Il a ouvert la voie à toute une vague de confiseurs actuellement au sommet de leur art, et démontré avec brio qu’en Belgique, on n’était pas systématiquement obligé de farcir les chocolats à la double crème.

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Les fagots d’asperges au lard de colonnata.

Bonjour à vous, amis fidèles de la douceur de vivre. Voila une recette qui n’en est presque pas une, en fait, c’est plus une idée de recette que vraiment une recette – on ne pourra pas aujourd’hui me reprocher de faire trop compliqué. D’autant plus que vous devriez apprécier follement une idée aussi redoutablement bonne, délicieuse, et pas mal classe quand même si on y pense – bref on n’a pas fini d’en manger dans la Petite Cuisine.

Le plus drôle, c’est que j’ai toujours trouvé les fagots de haricots verts au bacon vaguement ennuyeux, chichiteux, « petit genre » comme disait ma grand mère – alors que cette version aux asperges, je la trouve bombesque et je l’aime d’amour.

Je l’ai dégustée pour la première fois chez RAP, un de nos restaurants préférés, un italien dont je vous parlerai bientôt c’est promis, une table rare à bien des niveaux. On y mange toujours des choses que l’on ne trouve pas ailleurs, l’assiette est inventive en diable, aussi délicieuse que surprenante et toujours parfaitement réalisée.

Ainsi cette alliance entre l’asperge et le très raffiné lard de colonnata*, à servir en accompagnement d’une volaille, ou bien carrément en personnage principal, avec une petite salade verte et un oeuf cassé, rien que d’y penser j’en ai la gorge nouée…

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Tomates cerises farcies au fenouil et citron confit de Yannick Alleno.

Hello les amis du rosé frais mais pas trop, aujourd’hui on vous emmène prendre l’apéro, car voyez vous : l’apéro est un sujet hautement stratégique.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour moi, l’apéro dévoile en général le niveau du repas qui va suivre : la façon décontractée ou coincée, généreuse ou sottement bourrative, délicieuse ou intello dont votre hôte a préparé l’apéro parle pour lui.

En lisant ces lignes, vous êtes peut être saisis d’un doute affreux sur la qualité de vos propres sessions apéritives ? Rassurez-vous, la petite cuisine est là pour vous donner quelques conseils – qui seront de toutes les façons superflus, puisqu’il est bien entendu que nos lecteurs sont tous des hôtes exceptionnels et super-classes*.

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Rouleaux de printemps à la mangue verte, sauce au riz grillé.

Bonjour les mangeurs de primeurs! Aujourd’hui dans la petite cuisine on fait simple, on fait ensoleillé, on fait parfumé, on fait light – bref, je suis sure que vous voyez où je veux en venir : on fait printanier ! Je vous en avais déjà parlé ici, j’adore les rouleaux de printemps, et je me désespère souvent de la médiocrité de ceux que l’on nous sert en général.

La bonne nouvelle, c’est que ce n’est vraiment pas compliqué à préparer soi même : à peine le temps de préparer une salade, et hop c’est fait.

Ces derniers temps, j’ai même trouvé un truc sympa pour leur donner une touche chic et fruitée : je leur rajoute un peut de mangue verte râpée.  La mangue verte est très utilisée dans la cuisine Tahïlandaise, alors à force de la croiser au détour des recettes, j’ai fini par me laisser séduire.

Seulement voila : pour être tout à fait honnête, je n’ai toujours pas bien compris si l’appellation « Mangue verte »  désigne une espèce de mangue particulière … ou bien plus simplement une mangue pas mure. (NDLR Août 2013 : maintenant j’ai compris, il s’agit bien d’une mangue spécifique. Cette petite mangue verte thaïlandaise existe en version sucrée ou acide. Regardez dans vos magasins asiatiques, ces manges de forme allongées ne rougissent jamais, et dans la grande majorité des cas il sera précisé « sucré » ou « acide » sur l’étiquette). 

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Les surprenants canelloni de betterave blanche au navet et chou fleur d’Alain Passard + Paris Cocktail Festival

Hello les gloutons éveillés ! Aujourd’hui dans la petite cuisine, une recette qui ne fait pas trop rêver sur le papier. Ha ça c’est certain, même avec une partition signée Passard, la recette betterave-navet-chou fleur ne risque pas de me faire battre mon record d’audience.

Et bien, vous qui n’avez pas été rebutés par cette affiche pour le moins raplapla, vous ne le regretterez pas, car vous tenez ici une remarquable entrée, chic et tout, pour une poignée de centimes.

Soyons clair : on dit tous merci à Alain parce qu’avant lui, pas grand monde n’aurait osé miser deux kopecks sur un trio aussi peu sexy – sans compter qu’il n’y a rien pour accompagner les légumes : pas un bout de foie gras, de poisson, de poulet, pas un oeuf à l’horizon, rien, nib’, que dalle. Betterave, navet, chou fleur – et pis c’est tout.

La recette elle même est d’une austérité à faire peur, et si je n’avais pas une confiance aveugle dans le chef, je crois que je ne me serai jamais risquée sur ce chemin terreux à l’aspect peu engageant.

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Le foie de veau en trois tranches du pote de Toulouse (Lautrec)

(NDLR : toutes nos excuses pour la laideur abyssale des photos, j’avais oublié l’appareil au bureau, on a fait ce qu’on a pu avec les téléphones)

Bonjour bonjour les amis des bonnes tables, aujourd’hui on vous gâte, et pas qu’un peu. Il faut dire que ces derniers temps dans la Petite Cuisine, ça virait limite végétarien, cuisine saine, légumes et tutti frutti.

Il était temps de nous reprendre, de retour du futur, Woody Allen l’a prédit : dans les siècles prochains, on se rendra compte que les aliments les plus sains sont le gras et le sucré*.

Mince de mince, on a du pain sur la planche, faut vite qu’on se rattrape ! Et ça tombe bien, voila que notre chère amie Alexandra vient de nous offrir un merveilleux ouvrage, répondant au titre poétique de « La Cuisine de Monsieur Momo« .

C’est un livre sur la cuisine du XIXème siècle, une époque où l’on savait encore vivre. Par exemple, quand on avait mangé trop de haddock au petit déj, on se faisait un demi-litre de bière à la pause de dix heures pour digérer. Simple, efficace.

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