Archives pour la catégorie C'est pas compliqué !

Anchois frais marinés aux herbes et quelques conseils pour cuisiner les herbes fines.

Je vous ai déjà parlé ici de mon amour inconsidéré pour les anchois, il me vient sans doute de mon papa qui en mangerait probablement au petit déjeuner si on le laissait faire.

Frais ou à l’huile d’olive, sous forme de pâte ou d’anchoïade, il est rare qu’ils ne fassent pas ne serait-ce qu’une modeste apparition sur nos tables familiales. Mais ce n’est heureusement pas la seule obsession de notre famille d’irrécupérables gourmands, nos addictions sont multiples, en matière de nourriture nous sommes (en quelque sorte) polytoxicomanes.

Lire la suite

Panzanella, Alain Ducasse, la méditerrannée et moi.

Bonjour les amateurs de bonnes choses !

Pour commencer, on vous souhaite un bel été, car je ne sais pas pour vous, mais moi, l’été, la chaleur, la lumière : ça me rend toute chose.

C’est même mon obsession, et dès que je rencontre quelqu’un, il me faut en général moins de dix minutes pour placer la ritournelle suivante : « Je suis moitié provençale, la méditerranée c’est mon sang, je suis fille de la garrigue, le sud me manque, vite du soleil sinon je dépéris« .

Avouez que pour une bretonne c’est pas banal, et le pire c’est que c’est vrai. Je ressens physiquement en permanence le besoin de soleil, d’odeurs de résineux, d’iode et d’oliviers surchauffés; quant à la vue d’un bougainvilliers, elle me fait l’effet d’une boite de prozac.

Lire la suite

Pressé d’artichauts à la boutargue : this morning a boutargue saved my day.

Pouf comment ça va mes gourmands ? Nous on est en petite forme tiens, et ce matin on n’en menait pas large quand le facteur a sonné avec le genre de recommandé dont on se passerait bien. Rien de grave je vous rassure, mais de quoi nous mettre la boule dans la gorge et le poids du monde sur les épaules. J’en étais même un peu retournée, limite larmichette dans la Petite Cuisine et il m’a fallu quelques minutes pour me remettre en route.

Qu’est-ce que j’étais en train de faire d’ailleurs ? Ha oui, je m’aprétais à prendre de la boutargue en photo pour illustrer la recette d’aujourd’hui, une très belle composition, rafinée et simple à la fois, comme on les aime.

Bref, toujours avec mon recommandé en tête, je prépare ma petite scène de prise de vue et je tranche ma boutargue en deux, afin que son bel orangé* soit mis en valeur.

Je coupe. Je regarde. C’est beau, c’est lumineux. L’iode me monte au narines, je peux presque sentir la mâche un peu collante et l’amertume complexe du « caviar de la méditerrannée ». Et sans même m’en rendre compte, je souris.

C’est venu tout seul, c’est venu d’un coup – je me suis retrouvée avec un grand sourire sur la face – comme quoi, être une gourmande pathologique, parfois, ça aide.

Bref, ça ne nous a pas donné de solution à nos problèmes, mais au moins on est parti au boulot le coeur plus léger.

Lire la suite

Saint Pierre et fenouil confit à l’huile d’olive et curry.

Ha ben flute tiens, on n’a pas gagné le concours du Figaro il paraît. Pourtant on a eu tout plein de soutien de beaucoup de chouette monde – et rien que pour ça, ça valait le coup : alors un immense MERCI à vous qui avez crus en nous, vous êtes des choux à la crème de pétales de roses !

Allez, pour se réconforter et passer à autre chose, une recette simple mais très fine, et qui sort de l’ordinaire comme on les aime. Le genre de recette qui nous attrape la gourmandise par le bout du nez.

Et puis ça nous fait plaisir de vous parler du Saint Pierre, c’est peut être bien le poisson qu’on préfère. Sa chair est délicieuse, finement iodée, la texture est parfaite, ni trop molle ni trop ferme : dans la Petite Cuisine nous en sommes dingos.

Lire la suite

Petit chèvre frais à la roquette, fondue de tomates, et pignons d’Iran.

Frais et crémeux

Ha mes amis on rame en ce moment, vous pouvez pas savoir ! Et ce qui nous rend le plus grognon, c’est qu’on n’a plus beaucoup de temps pour s’occuper de la Petite Cuisine. En tous les cas promis, on fait tout pour que ça s’améliore, et fissa.

Et en attendant, pour se réconforter sans passer la soirée en cuisine, on vous propose une façon rapide de faire un plat festif et ensoleillé en 2 mn maxi, un plat  pour les gens surbookés qui veulent quand même manger bon et joli – parce qu’il n’y a pas de raisons !

Le seul point un peu long de la recette est la fondue de tomates, mais vous pouvez la faire à l’avance, ou si vous êtes vraiment trop préssés, la remplacer par une concassée de tomates crues faite à la minute.

Alors allez-y, vous verrez, ça réconforte après une grosse journée de boulot.

Lire la suite

Verrine juste tiède d’épinards et haddock pour buffets printaniers.

Relevé et subtil.

Si vous passez régulièrement dans le coin, vous aurez peut être noté que je suis dans une période assez « haddock ».

C’est vrai. Le haddock et moi sommes en pleine honey moon.

En fait cette passion fusionnelle avec un aliment me tombe dessus à chaque fois que j’ai réussi à « retourner » quelque chose que je n’aimais pas avant.  Car quand je n’aime pas quelque chose*, cela m’intrigue, et je le poursuis de mes assiduités jusqu’à ce que je change d’avis.

C’est une véritable stratégie : je goûte un tout petit bout à chaque fois que je le croise, juste pour vérifier que je n’aime toujours pas. Cela peut durer des années, mais en général, ça fonctionne : je finis par tomber dedans.

J’ai ainsi connu plusieurs retournements spectaculaires : il y a vingt ans, c’étaient les escargots. Il y a dix ans, les coeurs de canard. Il y a deux ans, j’ai même succombé aux charmes du cèleri rave (et pourtant, celui là, je pensais bien qu’il ne m’aurait jamais…). Lire la suite

Sauce « dip » world food à la coriandre pour apéros, langoustines ou crudités de printemps.

Exotique et gourmand

L’autre jour à la radio, j’entendais une musicienne s’agacer de l’emploi de l’expression « world music ». Elle disait au journaliste : « Mais la world music ça ne veut rien dire, c’est juste un truc inventé par les occidentaux pour parler des autres musiques que les leurs – après tout, le rock and roll ou l’opéra aussi sont de la World Music ».

J’ai trouvé ça très juste, et comme je suis tout le temps en train de penser à la cuisine, je me suis demandée si on ne pouvait pas transposer cette remarque à la dénomination « World Food ». Et si pour nous, les Français, l’expression « World Food » ne concernait pas un peu toutes les cuisines à part la notre ?

Oui car entre nous, nous savons bien que nous sommes les seuls à faire de la vraie « Food » originelle.  Après tout, la « Food » matrice c’est quand même un peu nous les Français qui l’avons inventée – et si parfois on se sent obligés de dire (par pure politesse) que les autres cuisines du monde sont toutes aussi merveilleuses, au fond de nous, on le sait bien, en matière de vraie cuisine, on survole le débat !

Attention mettons nous bien d’accord : l’important ici n’est pas de savoir si notre cuisine est vraiment la meilleure – mais juste de comprendre que nous autres Gaulois en sommes intimement convaincus. Tout comme les texans sont convaincus qu’ils sont les meilleurs en business, les italiens pensent qu’ils sont les meilleurs en football, et les anglais sont persuadés de leur supériorité en à peu près tout.

Lire la suite

Filet de canard cru au thon séché : la gastronomie c’est pas compliqué !

Surprenant et grandiose.

Quand j’ai commencé à vraiment faire la cuisine, ce qui m’agaçait par dessus tout, c’était que l’on me reproche de faire de la cuisine compliquée. Peut être que ce dont j’avais peur, c’était que l’on m’accuse d’un certain snobisme culinaire, ou d’un manque de naturel. Je ne sais pas bien, mais en tous les cas je le prenais mal.

Quand je cuisinais en vacances, ma mère me précisait toujours de faire « simple »; quant à mon ami Martin, je ne compte plus les fois où il m’a fait de grands discours sur la simplicité parfaite de la tarte aux pommes, histoire de me faire passer un discret message sur la complexité superflue de certaines préparations.

Je protestais avec véhémence, expliquant alors que « La bouillabaisse maison c’est quand même pas hyper compliqué, il faut juste faire une soupe et y mettre des poissons » – ou que « Le Paris-Brest quand on y réfléchit, c’est à peine plus compliqué qu’une tarte aux pommes« .

Un jour que je ruminais mon énervement car quelqu’un avait du oser me dire que ma « Crème chiboust sur gelée de citron et fraises des bois » avait l’air compliquée à faire; d’un seul coup, la lumière m’est venue.

C’était vrai. C’était (très) compliqué.

Et alors ?

Lire la suite