L’autre jour, je déjeunais avec deux de mes plus estimés collègues en matière de substances comestibles, lorsque je leur confiais cette chose formidable: "En fait, quand je mange vietnamien, j’ai envie de manger thaïlandais".
C’est que je suis folle de cette cuisine thaïlandaise, piquante et relevée, croulant sous les herbes, pleine de couleurs, d’odeurs et de sensations – et du coup, même lorsque je me régale de cuisine du Vietnam, je me languis de la cuisine Thaï.
Elle me fascine. Mais à cuisiner c’est une autre affaire.
J’ai cru d’abord qu’il suffisait de bombarder mes plats de coriandre, citronelle, lait de coco ou piment pour obtenir un plat thaïlandais. Mais il fallu bien me rendre à l’évidence : les préparations se révélaient toujours décevantes, confuses; sans rapport avec les plats vifs et percutants dont je me régale dans mes gargottes thaïs.
Puis j’ai enfin commencé à comprendre que loin d’être une cuisine d’instinct, la gastronomie thaï est une cuisine de précision. Tout est dans le détail, les proportions. L’ail doit il être écrasé ou émincé ? Combien de temps fait on mariner la viande ? A quel moment précis de la recette faut-il ajouter les herbes? La clé des saveurs ébouriffantes de la cuisine du Siam tient dans le parfait respect de chacun de ces détails.
Et du coup on se heurte à un autre problème : la pauvreté absolue de la littérature francophone sur le sujet*.
Bien sur, on trouve régulièrement au détour d’un livre de cuisine asiatique ou d’un magazine quelconque, la recette de la fameuse soupe coco-crevettes ou du pad thaï. Mais il ne s’agit en général que de versions européanisées simplifiées, parfois honteuses tant elle sont grossièrement dépouillées.
Bref, j’ai longtemps tourné en rond.
…. et un beau jour, j’ai découvert le merveilleux blog She Simmers. Ecrit par une Thaïlandaise vivant aux Etats Unis, cet excellent blog, l’un des tous meilleurs que je connaisse, explique dans le détail le principe et la réalisation de dizaines de recettes thaïlandaises. Lee Loo (l’auteure) est à la fois précise et pragmatique, et sait différencier avec clarté ce qui dans une recette relève de la quête du goût ou de celle de l’authenticité.
Ainsi, elle sait éviter toute occidentalisation à contre sens, mais ne s’embarque pas non plus dans de stériles débats sur l’authenticité par principe de telle ou telle manière de faire. Elle explique tout, elle présente les différentes voies d’interprétation des recettes traditionnelles. C’est passionnant, et les recettes sont de vrais trésors, qui m’ont enfin permis de commencer à maîtriser petit à petit quelques préparations.
Il en est ainsi de la recette d’aujourd’hui, la fameuse Som Tam, la salade de papaye verte à la thaïlandaise. J’adore cette salade, fraîche et brûlante à la fois, simple et directe, je trouve qu’elle va avec tout – c’est devenu un incontournable de notre table.
Normalement, une partie des ingrédients de cette salade doivent être pilés au mortier, mais si comme moi vous n’avez pas de mortier, voici une façon de faire conseillée par Lee Loo, et qui fonctionne parfaitement.
Ingrédients pour un accompagnement pour quatre personnes :
- Une belle papaye verte, à trouver dans votre supermarché asiatique favori**
- Deux carottes
- Une poignée de cacahuètes grillées
- Une gousse d’ail
- Un piment oiseau
- Un ou deux citron vert
- Une cuillère à soupe de sucre de palme râpé ou de sucre en poudre
- Une quinzaine de tomates cerises
- Trois à quatre cuillères à soupe de crevettes séchées (également disponible au supermarché asiatique, en général en version surgelée).
- Une cuillère à soupe de Nuoc Mam

* Du moins à ma connaissance, si vous avez des tuyaux à ce sujet, c’est le moment !!!
** Le seul souci de cette recette, c’est que la papaye verte c’est pas donné : 7 à 8 € pièce – c’est à savoir.
(NDLR : ce billet est dédié à ma copinette d’amour Charlotte qui fait rien qu’à me manquer en vivant à Bangkok, et qu’il parait que je vais aller voir l’an prochain BORDEL !!)



Merci Claire ! Cette recette me semble TOP !!! Petite question idiote : j’ai un doute sur l’aspect de la papaye… t’aurais pas une petite photo ou je regarde sur Google ? Belle journée…
Arf, tu as raison, j’aurais pu mettre une photo. En attendant, va voir là : http://www.realthairecipes.com/category/glossary/vegetables/
merci c’est génial ce petit glossaire… je suis d’accord, nous manquons vraiment d’un bon blog thaï en français
quand je me retrouve chez Tang ou autre, je rêve d’être accompagné par un personal food shopper pour découvrir de nouvelles saveurs et recettes… y a un créneau à développer
j’aimerais tant y gouter !
Si tu habites sur Paris, je connais une magnifique adresse ou on en fait des pas chers !
@Claire : moi je veux bien ta bonne adresse parisienne
merci…
Moi aussi j’aime bien avoir l’adresse ça sera génial
Il faut aller goûter celle de chez Paï, rue du feaubourg poissonière (métro poissonière). Elle est faite à la demande pour la somme astronomique de 4,50 €.
Haha, ça m’a fait sourire cette histoire parce que j’ai réalisé que pour moi, c’est exactement l’inverse qui se produit: quand je mange thaïlandais, je me dis que j’aurais envie de manger vietnamien
J’adore les deux cuisines mais je trouve que la cuisine vietnamienne offre des goûts plus frais et légers. Je suis aussi une grande fan du blog ‘shesimmers’, bcp de belles et bonnes recettes!
C’est trop drole ! Nous sommes donc complémentaires
Merci de ta visite Caroline !
Déjeuner avec deux Estimées telles que vous est une volupté que je conseillerais même à mon pire ennemi (si je lui parlais encore), ça ne pourrait que le bonifier…
Il doit il y avoir des pincées subliminales dans ces rencontres, puisque pas plus tard que vendredi soir, j’ai réalisé quasiment la même recette, j’aurais dû passer avant pour apprendre à malaxer.
Jusqu’à présent j’attendrissais la bête en la laissant une ou deux heures dans assaisonnement, le citron et le sel de la sauce de poisson ayant cette vertu, ainsi que celle d’exprimer le jus de la tomate… (ça fonctionne bien, demande à notre co-estimée à qui j’avais préparé ma version au calamar croustillant).
Je suis d’accord sur la pauvreté de la littérature francophone pour la cuisine thaï, mais c’est pléthore lorsque tu compares avec la coréenne… heureusement que les blogs nous sauvent, j’irai voir celui du Cinquième Élément…
Plus ça va et plus je mange cambodgien ou laotien, on est particulièrement gâtés à Paris pour le nombre de cantines de ces deux pays, entre Vietnam et Thaïlande, et d’ailleurs, c’est au Cambodge que j’ai une copine que je vais voir en octobre ;-D
Hahaha énorme, je viens de voir ton billet !! Je vais faire un renvoi depuis mon article ! Je ne m’attarde pas je suis dans le train avec une connexion bipolaire, mais on en reparle. Il faut que je me fasse une cartographie des cuisines de ces régions là, j’avoue que je confonds beaucoup de trucs. On en reparle vite sur les ondes ou ailleurs ! Bises
He en fait j’ai pas compris le coup du 5ème élément ??
Leeloo, c’est le nom du "Cinquième Elément" dans le film éponyme de Paul Besson, une superbe rousse extra-terrestre ;-D
Luc Besson, pas Paul lol (j’ai un pote qui s’appelle Paul Besson, c’est pour ça, pfff)
En fait je viens de voir qu’elle s’appelle Lee La
C’est une salade que je sais rarement mais que j’adore !
Entre gens de bon goût, on se comprend
Je suis également fan des saveurs thaïlandaises. Connais-tu "Le livre de la cuisine thaïe", paru aux éditions du Rouergue ?
Ha non je connais pas ! Il est bien ? Faut que je regarde, merci du tuyau !
Oui, vraiment bien.
Voir ici : http://www.750g.com/article.26.934.2138.htm
Je salive en lisant vos commentaires!
moi j’ai le livre:
Thaïlande saveurs du bout du monde paru chez Michel Lafon
belles illustrations,bonnes recettes.Mais hélas épuisé…
Avez vous des adresses de restaurant servant de la cuisine:Thaï,Laos,cambodge ou vietnamien à Paris?
j’ai une bonne adresse à Strasbourg,chaque fois que j’y vais,je m’arrange pour arriver à l’heure du déjeuner…il est proche de la gare:
Baan Thaï,3 rue Kageneck
pour la cuisine vietnamienne:
http://www.canardumekong.com/
Bonjour Christiane, effectivement je viens d’aller voir, ce livre est épuisé ! Nous avons quelques bonnes adresses, c’est vrai, en voici une petite sélection. Thaï on conseille le Reuan Thaï ou le Krung Thep, tous les deux à Belleville. VIetnamien, je conseille Dong Huong ou Hawaïenne, toujours à Belleville. Enfin pour la cuisine laotienne : Lao lane xang (et pas Lao lane xang 2 qui est différent !) dans le 13ème. Le blog du canard du mékong est effectivement excellent, merci !
http://www.je-cuisine-thai.com/
Alors cette recette me semble parfaite , seul hic avant mon dîner de vendredi soir : comment l’essayer d’ici la pour être sûre de ne rien louper ( sommes mardi) … Je me tâte à faire un saut boulevard poissonnière , acheter 4 parts et dire :" c’est moi qui l’ai fait" et je garde le plan recette pour mon cobaye favori de mari
…. qqun a un avis sur le côté " HOME made "? Si je vais chercher à cette adresse ?
Ce n’est pas boulevard Poissoniere, c’est rue du geai purg poissonnière – et tu peux y aller les yeux fermés c’est fait main à la minute c’est top ! Par contre il faut la manger pas trop longtemps après sinon c’est moins bon…
Allez je me lance demain soir paris store ,vendredi soir salade de papaye HOME made et je prévois un plan b juste au cas ou …
Par contre j’ai noté l’adresse ( même si ci dessus j’ai l.impression c’est écrit dans une autre langue …) et je ne manquerai pas dy aller un de ces jours !
Je reviens dans quelques temps pour vous dire si cette recette est aussi "pour les presque nuls "
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Retour sur mon essai recette : finalement j’ai réussi le plat …même si écraser tous les ingrédients est trop bruyant dans un appart parisien
La papaye ( thai achete au paris store ) n’ayant pas de goût le plat bien que réussi n’a pas était un grand succès ! Ou trouver des papaye thaï qui ont du goût ? Erreur de saison peut être ?
Coucou, je suis bien contente que tu ais essayé ! Bon pour la papaye, ça n’a pas beaucoup de gout à la base, c’est frais mais un peu fade – c’est pourquoi l’assaisonnement est bien relevé. Ne pas oublier non plus qu’en Thaïlande, on ne mange jamais un plat tout seul en tant que tel. Il est toujours accompagné – et c’est là que cette salade prend son sens. Avec par exemple un curry vert très relevé et un peu gras, elle apporte fraîcheur et croquant.
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