Revue de petite cuisine #3

Tableau Noodles AtelierBONNE ANNÉE à tous mes petits trésors en sucre candi, vous qui faites notre joie et le sel de notre cuisine. On vous souhaite un 2013 tout plein de bons et délicieux moments, de chouettes découvertes et de soufflés réussis.

En ce qui nous concerne, nous ne sommes pas fâchés de tirer un trait sur ce vachard de 2012, et nous repartons ragaillardis vers un avenir qui commence bien (car figurez-vous que nos amis ont décidé de nous envoyer tout bientôt en Thaïlande, trop DINGUE, on vous en reparle*).

On vous propose de recommencer l’année en douceur avec une revue de petite cuisine, histoire de vous raconter un peu nos dernières découvertes et bons plans, ça vous va? C’est parti !

Le bonheur est dans le brick des Délices de Kifolie

C’est sur le jeune et fringant blog du Menu Belleville, que j’ai découvert l’existence des Délices de Kifolie. Une des ces adresses qui sont comme une percée dans l’espace temps : on pousse la porte et on ne sait plus bien où l’on est ni quand – la seule chose qui est sure, c’est que ça bosse drôlement en cuisine. Ce traiteur juif-tunisien propose (entre autres) des menus à emporter (dits « menus complets »), composés d’un mezzé et d’une viande/poisson absolument énormes, riches en saveurs et parfums d’orient.

Mais ce qui nous a tiré des larmes, c’est le brick à l’oeuf que nous avions demandé en supplément. Croustillant, l’oeuf parfaitement coulant, un peu de thon, quelques herbes – la perfection à tout tout tout petit prix. Au lieu d’aller tester la 518ème adresse de burgers de l’année, faites-nous plaisir, allez goûter ça immédiatement, vous nous en direz des nouvelles.

Le cadeau bonux ? La part de chips faites maison rajoutée dans le sac, à crever.

Les délices de Kifolie : 112 bd de Belleville, 75020.

Délices de Kifolie

Envouthé

Dans la catégorie « Houla c’est tendance, vite soyons 22 000 à nous lancer dans le bizness », je nomme les food boxes grandes gagnantes de l’année 2012. Au milieu d’une offre aussi soudaine que pléthorique, nous avons, en ce qui nous concerne, eu un coup de coeur pour la box Envouthé. Je suivais le projet d’un oeil depuis quelques mois, car il a été monté (entre autres), par la charmante Julia que je connais un peu, mais surtout parce que je suis une véritable fondue de thé, ce breuvage merveilleux.

Bref, je me suis abonnée pour trois mois histoire de voir de quoi il retournait, et j’ai trouvé ça top. Le concept de la box convient parfaitement au thé, pour peu que le choix soit riche et de qualité (ce qui est le cas). Le bon thé étant très cher, l’assortiment par petites quantités fonctionne parfaitement, on découvre plein de choses, venant des plus grandes maisons (les vraies, pas seulement celles qui ont un marketing efficace). C’est en plus extrêmement bien documenté, et le choix est large : tout le monde y trouvera son compte, de l’amateur de thés chinois pointus (oloongs, pu-ers) à la jeune fille éprise d’infusions fleuries (mais des bonnes hein, où les fleurs sont là en vrai).

Si l’équipe réussit à maintenir ce niveau, ils pourront compter sur moi pendant longtemps.

Envouthé, le rendez-vous des curieux du thé.

Envouthé

Envouthé

Déprimante tapenade au cacao

Depuis que j’avais lu que l’on trouvait de la tapenade au grué de cacao* chez Oliviers and Co, je tournais autour comme un petit cochon autour de sa truffe. J’ai fini par craquer et lâcher les 7 € (!) nécessaires à la dégustation de cette curieuse recette.

Dans ma tête, c’était le festival des papilles assuré ! L’amertume de l’olive et du cacao, la profondeur des goûts, le contraste des textures j’étais là, gressin en main, prête à l’extase …. et blof.

Une tapenade bizarrement épicée, au goût douçatre et même sucré (ces couillons là ont mis du miel) – quelle déception. Il est vrai que je suis allergique au sucré-salé, alors c’est peut être juste une question de goût, en tous les cas, le flop du mois dans la PPCM.

Tapenade au cacao

Le jeudi, c’est le meilleur plan de Paris

Alors là les copains, je vais vous livrer une info qui vaut de l’or.

D’un côté je nomme Gilles Vérot, charcutier star rendu célèbre par son fromage de tête et son formidable pâté en croûte. Dans la Petite Cuisine, même si en matière de charcuterie notre coeur reste à Lyon chez Reynon, nous sommes de fidèles clients de Gilles Vérot, surtout en hiver lorsqu’il prépare son incroyable cochon des pieds à la tête ***.

De l’autre côté, je nomme Christophe Vasseur, LE boulanger qui a donné naissance au pain le plus formidable du monde. Je sais que beaucoup d’entre vous connaissent déjà ce mythique Pain des Amis, en ce qui concerne les autres, vous ne mesurez pas l’énormité de ce qui vous attend. Pour ma part, j’ai du mal à m’en passer plus d’une semaine d’affilée, je prend donc régulièrement mon velib’ de bobo pour aller faire la queue à l’angle de la rue Marseille et de la rue Yves Toudic et chercher ma dose.

Et bien le savez-vous ? Le jeudi, chez Gilles Vérot, ils vendent du Pain des Amis. Pas la peine de courir Paris pour se régaler de l’excellence de ces deux artisans, c’est combo-banco, merci Ginette.
Et le jeudi devient le meilleur jour de la semaine.

NDLR : Je fréquente la boutique Gilles Vérot de la rue Notre Dame des Champs (au N°3), je ne sais pas si Rue Lecourbe ils proposent la même chose, à vérifier. A savoir, le Pain des Amis, déjà pas donné à l’origine, passe de 8 à 11,90 le kilo dans l’opération; mais bon, ça les vaut !

Vitrine Gilles Vérot

Pain des Amis

Near death experience

Peut être ne le savez-vous pas les amours, mais la cuisine régionale Chinoise est en plein boum. En effet, nous découvrons doucement le continent culinaire qu’est la Chine, au delà du canard laqué et du riz cantonais, et les restaurants des cuisines du Shandong ou du Séchuan font courir la jeunesse franco-chinoise branchée comme les gourmands incurables dont je fais partie.

Comme je n’y connais que dalle, je bénéficie des précieuses adresses, mais aussi conseils et commentaires de grands voyageurs du goût que je remercie au passage.

Bref, tout ça pour dire que dans un moment d’égarement bravache, j’ai décidé de tester les plats du Séchuan servis au Noodles Atelier, une des néo-tables chinoises de mon quartier, qui, malgré une carte hétéroclite, a la réputation de se défendre tout à fait correctement.

Les plats du Séchuan sont connus pour arracher sévèrement leur mère, étant à la fois très pimentés et très poivrés, mais voyez-vous ça ne me faisait pas peur, après tout quand je vais au thaïlandais à Belleville je demande même pas d’enlever le piment dans la salade de papaye verte (c’est vous dire si je suis balaise).

J’ai donc commandé sans frémir une poêlée de crevettes sautées au sel et au poivre, suivie d’une marmite de boeuf au piment.

Crevettes au sel et au poivre

 

Il m’a fallu pas moins de vingt minutes pour achever de manger ma première crevette, laquelle, quoique délicieuse, était si forte que vous pouvez probablement faire Paris Madrid aller-retour en moins de deux heures si vous l’utilisez comme additif à essence dans votre scooter.

J’étais en nage, reniflant, pleurant, à la fois enchantée (c’était très très bon) et à l’agonie. J’ai alors dit à ma voisine (une charmante dame chinoise qui partageait ma table) : « J’espère que la marmite ne sera pas aussi forte », ce qui a déclenché l’hilarité générale dans le restaurant, car, comme j’allais le découvrir, la marmite était encore plus forte.

J’ai passé quasiment deux heures à table, et je n’ai pu que grignoter quelques bouts de viandes, un par un, petit à petit. Le bouillon (dont j’ai appris plus tard qu’à priori il ne se mange pas, je confirme) ressemblait quant à lui à de la lave en fusion.

Malgré cette prudente dégustation, j’ai tout de même trouvé le moyen d’avaler de travers à un moment, j’ai cru décéder aussi sec.

Marmite de boeuf

Bref, je vous reparlerai bientôt des sublimes découvertes que j’ai faites en matière de cuisine chinoise ces derniers temps, mais pour la marmite Séchuanaise, je suis pas encore au point.

Moi je vous le dis, les chinois sont des surhommes.

NDLR : Sophie Brissaud, grande connaisseuse de gastronomie chinoise, m’a dit, suite à cette expérience, que la vraie cuisine du Sechuan, quoique très forte, devait rester mangeable, et qu’elle soupçonnait certains chefs de forcer sur le piment afin de faire « plus authentique ».

Noodles Atelier : 162 rue St Denis, 75002.

Tableau Noodles Atelier

Manga sushi : un livre extra pour se lancer dans la cuisine du poisson cru

Alors celui-là, si je n’avais pas vu la signature de Chihiro Masui, je n’aurais pas misé dix balles dessus.  Il faut dire que vu de loin, cela ressemble comme deux gouttes d’eau à une fausse bonne idée marketing sortie de la tête du dernier stagiaire en date d’une agence de com autoproclamée « tendance ».

Et bien pas du tout. Voici un livre adorable, drôle, réjouissant, où le dessin n’est pas qu’un prétexte : il est aussi le moyen de décomposer et décrire certains gestes de manière tout à fait pertinente.

Il se divise en deux parties :

  • la partie technique, illustrée par un petit manga
  • la partie recettes, illustrée de façon plus classique par un descriptif et des photos

Si vous ajoutez à cela les textes de l’une des meilleures spécialistes de la cuisine japonaise résidant sur notre sol, vous obtenez un ouvrage précis, rigoureux, aux recettes authentiques.

Si vous voulez vous lancer dans la cuisine du sushi, ce livre est absolument parfait. Croyez-moi, je m’en sers souvent, il vaut bien des ouvrages prétentieux qui encombrent les rayons « Japon » de nos librairies culinaires …

Manga Sushi


* Et oui, nous avons les meilleurs amis (et frères et soeurs) du monde, inutile d’insister ils sont déjà pris.

** Le grué de cacao est l’éclat de fève de cacao, un bout de cacao donc, brut sans sucre.

*** Le joliment nommé « cochon des pieds à la tête » est une formidable terrine composée, en tranches successives, de toutes les cochonnailles possibles : jambon, boudin, fromage de tête, andouille, c’est énorme.

17 réflexions au sujet de « Revue de petite cuisine #3 »

  1. Gilles Corman

    Pfff, quel talent, j’en peux déjà plus, et c’est que le début de l’année… qu’elle te soit aussi bonne que ce billet!

    Répondre
  2. patrick

    mon dieu, je travaille à 300 mètres de Gilles Vérot et ne connait pas (encore) ce grand homme et son paté !
    Petite visite prévue à bellevilles dans le mois!!

    Répondre
  3. LaFrancesa

    Grand moment de témérité culinaresque cette NDE, d’habitude je t’envie mais là je n’aurais pas voulu être à ta place… quand c’est trop relevé mes papilles font game over 😉
    J’irai bien faire un tour chez Gilles Verot, je reste très contrariée par mon dernier pâté de tête goûté….
    Bonne année gourmande et GOURMET à la PPCM!
    Besooos

    Question subsidiaire : c’est les Délices de SIchuan l’autre adresse bellevilloise?

    Répondre
    1. Claire Auteur de l’article

      Va voir chez Vérot, je te conseille ! Je n’aime pas tout chez lui (certaines de ses terrines sont parfois trop sur les fruits secs ou le sucre) mais il y a des merveilles ! Les délices du Sechuan, connais pas ! J’ai vu tes photos, c’était comment ??

      Répondre
  4. melopapilles

    super article ! ça vaut vraiment le coup envouthé donc… j’hésitais à offrir un abonnement de 3 mois à quelqu’un qui adore le thé, je vais peut-être me lancer…
    sinon tu crois que l’opé Gilles Vérot / Du Pain et des Idées ça marche dans l’autre sens ? ça m’éviterait de traverser moi aussi Paris 🙂

    Répondre
    1. Claire Auteur de l’article

      Hahaha malheureusement non je ne crois pas ! D’après ce que j’ai compris, c’est quelqu’un de chez Vérot qui a à faire dans le 10ème le jeudi matin et qui en profite pour prendre le pain, je ne crois pas que cela fonctionne dans le sens inverse 🙂 Faut aller rive gauche, y a pas de solution ! Seule consolation : la boutique est vraiment à la sortie du métro St Placide, penses-y la prochaine fois que tu prends la ligne 4 !

      Répondre
  5. tiuscha

    tu paies de ta personne, je vois ! je ne pensais pas que la cuisine sichuannaise était aussi percutante, même si je connaissais sa réputation de cuisine très relevée ! Bonne année dans ta petite cuisine !

    Répondre
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