Revue de petite cuisine #5

Le repaire de cartoucheAlors les chéris, vous allez bien pendant que je suis en train de décéder à petit feu ? Non mais je vous jure je suis dans un état de fatigue, je me reconnais même pas quand je me croise dans la rue, il est temps que ça cesse et que ce livre soit enfin rendu!

Et au niveau moral ? Pas terrible non plus. J’attaque maintenant la classique phase d’intense paranoïa que je traverse à chaque projet un peu difficile :

 « Je bosse je bosse, je fait QUE BOSSER, mais pourtant RIEN ne marche comme je veux, c’est pas beau c’est pas bien d’ailleurs tout le monde va détester, ma vie est finie je vais retourner en entreprise faire mon executive-woman, j’en crèverai de tristesse en trois mois – mais au moins je n’aurai plus de comptabilité à tenir »

Heureusement l’autre jour, pour me remonter la patate, mon ami Gilles C. m’ a expliqué que si mon livre ne se faisait pas au final, ce serait un non-événement total à la lueur de l’histoire de l’humanité, et que même moi je m’en remettrai.

On eut dire que ça a été drôlement efficace au moins à un niveau, c’est que ça m’a raboté l’ego façon carpette (sans compter qu’étrangement, je n’avais encore jamais envisagé que le livre puisse ne pas se faire DU TOUT, et que maintenant je fais des cauchemars où je cours derrière un camion avec mon manuscrit et les feuilles qui s’envolent de partout, c’est vraiment cool d’avoir des amis aussi chouettes)*.

Bon.

C’est pas le tout, maintenant que j’ai bien chouiné, c’est parti Georgette, aujourd’hui c’est « Revue de petite cuisine ».

Mil Amores, les fabricants de tortillas artisanales

Mil Amores tortilleria

Alors ça c’est un pur bon plan en or massif que j’ai découvert en chroniquant un livre sur les tacos pour les éditions Marabout : il y a à Paris une petite bande de mexicains qui fabriquent des crêpes de maïs fraîches, comme là bas. Pour mesurer la rareté du truc sachez que la fabrication dans les règles de l’art des tortillas de maïs est extrêmement difficile, et qu’elle nécessite un équipement lourd et pointu. D’ailleurs, Mil Amores serait la SEULE fabrique à tortillas de maïs d’Europe.

Pour pouvoir se fournir en tortillas chez eux, une seule méthode un poil compliquée : on se rend sur leur site internet, on passe commande, puis on se rend le lendemain en fin de journée à la fabrique pour récupérer les tortillas.

Ils sont absolument adorables, les tortillas sont fameuses, et je vous conseille mille fois ne pas oublier dans votre commande leurs chips de maïs « totopos » , c’est juste une petite tuerie.

Ils ont aussi quelques sauces et produits mexicains typiquement typiques que la communauté mexicaine de Paris s’arrache, comme de la sauce piquante Valentina ou de curieuses fleurs de courgettes en boite.

Cela vaut mille fois le déplacement, pour votre prochaine soirée tacos vous êtes obligés d’essayer.

Petit conseil : le mode de commande sur Internet n’est pas complètement au point, mieux vaut passer un petit coup de fil en plus, pour bien confirmer avec eux ce que vous voulez et à quel moment vous passerez récupérer votre commande.

Mil Amores, 52 avenue Parmentier, 75011 Paris

Bollynaan

Bollynaan

Vous avez remarqué, dans les Revues de petite cuisine il y en a toujours un qui prend un peu cher, aujourd’hui c’est Bollynaan.

Pourtant le concept de départ me plaisait à fond : un four à naans** qui fonctionne toute la journée, à la demande, et de façon artisanale s’il vous plait (c’est chouette comme tout à voir). Ensuite on fait garnir sa galette avec plein de bonnes choses, et voila un snack très gourmand, authentique et parfumé, à l’indienne.

Quelle déception ! Si la promesse au niveau des naans est bien tenue, l’étape suivante (garniture, accompagnements) m’a laissée plus que perplexe. Cela part dans tous les sens, indien ou français on ne sait plus bien, c’est très lourd (je n’ai pas dit « gourmand » mais bien « lourd »), et surtout, les parfums ne sont vraiment pas au rendez-vous, et ça quand on fait de la cuisine indienne, c’est un comble.

Par contre, au niveau des conneries genre naans au fromage ou au nutella, pas de souci, il y a tout ce qu’il faut.

A suivre tout de même , il suffirait de pas grand chose pour corriger le tir, tous les espoirs sont permis …

Bollynaan, 12 rue des petits carreaux, 75002 Paris

Coup de foudre : le pain aux pois chiches de chez Noglu

Noglu

La mode de la cuisine sans gluten bat son plein, pour le meilleur et parfois pour le pire. La bonne nouvelle, c’est que certains se donnent du mal, et la contrainte peut même devenir source de créativité.

J’ai pu le constater en allant faire un tour chez Frédérique Jules, dont le restaurant Noglu se situe dans le très beau passage des panoramas. Tout le monde m’avait dit : « On s’en fiche que ce soit un restaurant sans gluten, chez Noglu, l’important c’est que c’est bon« .

Je confirme.

C’est frais, c’est beau, c’est surtout très bon.

Après un chouette ceviche de daurade, vif et fringant, je me suis régalée d’un club sandwich assez décoiffant au bleu d’Auvergne et à la mortadelle – peut être un tout petit peu sec mais franchement délicieux – et Dieu sait qu’il est difficile de trouver un club sandwich honnête par les temps qui courent.

Le pain à la farine de pois chiches

Mais ce que j’ai préféré chez Noglu, c’est leur pain à la farine de pois chiches. Situé quelque part entre le gâteau salé et le pain de mie, ce truc là est d’une gourmandise à crever, souple, onctueux comme pas permis. Ils en vendent à emporter, si vous passez dans le passage des panoramas, allez en prendre un bout, vous nous remercierez !

Et si vous décidez d’y manger, réservation conseillée, y a foule.

No Glu, passage des panoramas, 75009 Paris.

Les vinaigres de la Guinelle

Vinaigre La Guinelle

C’est quelque chose dont je voulais vous parler depuis un moment le vinaigre.

Pourtant vu comme ça, ce n’est pas l’ingrédient le plus folichon du placard.

Et bien c’est dommage, car un très bon vinaigre peut changer votre cuisine.

Vraiment. Ecoute ce que dit la dame.

C’est justement le cas des vinaigres du domaine de la Guinelle, ils sont de ceux qui peuvent porter à eux tous seuls la profondeur et la richesse aromatique d’un plat, d’une sauce, d’une vinaigrette.

En plus de leur produit signature, un Vinaigre de banyuls puissant et équilibré à a fois, vous y trouverez un vinaigre de muscat au gout de raisin croquant, un vinaigre au pistil de safran tout à fait exceptionnel, un vinaigre rancio au délicat parfum de noix sèches, et encore d’autres références toutes plus maîtrisées et inventives les unes que les autres.

La bonne nouvelle ? Ils sont très bien distribués sur tout le terrtoire, alors si vous ne voulez pas les commander par internet, vous devriez pouvoir vous fournir près de chez vous sans trop de difficulté (liste des adresses).

Ils font désormais partie de mes produits incontournables, de ceux dont je déteste quand il ne m’en reste plus – ce qui est le cas en ce moment bwaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhh.

Domaine de la Guinelle, Hameau de Cosprons 66660 PORT VENDRES

Les pâtés et terrines du Repaire de cartouche

Le repaire de cartouche

Encore un super bon plan, décidément, vous n’aurez pas perdu votre temps, quelle bonne idée d’être passé par la PPCM.

Je connaissais le Repaire de Cartouche de réputation, très belle table française au charme truculent, magnifique bistrot ancien, l’œil tourné vers le gibier, et dont le chef Rodolphe Paquin se distingue régulièrement pour l’excellence de ses pâtés et terrines.

Mon ami Jes dont le goût pour les (très) bonnes choses n’est plus à démontrer m’en parle l’autre jour, et me révèle deux nouvelles d’importance :

  • En ce moment ils ont de la grouse***, ce qui n’est pas si courant que ça à Paris, et en plus ils en font une terrine remarquable.
  • On peut passer au restaurant acheter des parts de terrines et de pâtés à emporter, sans problème.

Forcément ça m’intéresse, je range ça dans un coin de ma tête.

Le lendemain, me rendant à un rendez-vous, je gare mon vélo boulevard de Beaumarchais, je lève la tête et qu’est-ce que je vois là paf en face : Le Repaire de Cartouche.

Terrine de grouse

Devant cette manifestation évidente du pouvoir de Pataviande, le dieu des pâtés en croûte, j’ai donc foncé à l’intérieur histoire de voir si je ne pourrais pas effectivement acheter quelques parts de terrines.

Pas de souci, emballé c’est pesé, je repars avec deux paquets imposants que nous découvrirons avec émerveillement le soir même.

Les pâtés sont très beaux, fiers, bruts sans manquer de raffinement, il s’en dégage quelque chose de viril et d’élégant à la fois – surtout le pâté en croûte rond dont les parts rappellent (certes en plus modestes) celles de l’oreiller de la belle aurore.

Pâté en croute

A la  dégustation, c’est tout simplement grandiose. La terrine de grouse a des parfums de bruyère, de lande et de malt, elle est parfumée, onctueuse, et d’une grande personnalité.

Le pâté en croûte, pour être un peu moins sublime n’en est pas moins spectaculaire. La croûte est croustillante et caramélisée, la gelée poivrée, la farce pleine de mâche où l’on sent chaque morceau de viande. On est loin des pâtés en croûte où l’on ne sait jamais si l’on mange du poulet ou du ris de veau, ici chaque élément s’exprime – franchement depuis ma découverte de Reynon à Lyon, je n’avais plus eu un tel coup de cœur pour des pâtés.

Pas la peine donc que je vous explique ce qu’il vous reste à faire ….

* Mon Gillou, évidement c’est pour RIRE que je caricature honteusement tes paroles pour me rendre intéressante, et j’ai bien compris ce que tu voulais me dire et ça m’a fait réfléchir et j’en avais besoin, et je t’aime 🙂

** Ces pains indiens plats que l’on déguste pendant le repas.

***Un petit gibier à plumes réputé pour son parfum assez fort, qui se chasse beaucoup en Ecosse.

14 réflexions au sujet de « Revue de petite cuisine #5 »

  1. Pierre

    T’inquiète biquette, si tu ne sors pas ton livre, tu n’as qu’à en pondre un sur les difficutés d’une parisienne esseulée avec 2 ou 3 gosses qui rencontre un cadre supérieur plein d’avenir mais peu romantique… je te trouve même le titre si tu veux genre « Et s’il m’aimait vraiment ? » ou « Que ferait il sans moi ? »… mais il faudra que tu l’écrives avec tes pieds pour coller à la réalité du marché actuel….

    Répondre
  2. FlorenceMKoenig - Rossini's Girl

    Chère Claire,
    Bon ça y est j’ai envie de faire du pâté en croûte… cela fait 10j que je prépare de me lancer dans l’aventure, la semaine prochaine dans ma résidence bretonne – je sais on y mange plutôt des oursins, des St jacques et des soles… mais la cuisine est (très) grande et surtout j’aurais du TEMPS.
    Tout ça pour te dire que décidèment tu es très forte et très à l’heure pour les marronniers de l’automne et que tu m’ouvres une porte de sortie honorable : si jamais ma tentative est une cata’, je courrais sans tarder Bd du Beaumarchais m’y fournir.
    Pour terminer, t’inquiètes t’es un chef et ce fameux bouquin a intérêt à sortir car sinon on fait le pied de grue, le piquet de grève (pas de la faim faut pas exagérer…) devant l’édifice de ton éditeur ! Non mais oh ???
    Courage, tu es ds la phase la plus compliquée où il faut produire… Je passerais te voir ds quelques semaines avec qques délices pour te changer les idées et nourrir ton estomac ;))
    et encore merci pour tes articles…
    Besos,
    Flo

    Répondre
  3. aupaysdespiments

    @ Pierre : wouahahahahahahahahahahahahaha

    @ Claire : ben tu vois, même au bord de la dépression, tu arrives à me faire marrer ET à me donner envie de rentrer en Europe pour boulotter !
    Allez, courage !
    Oh la la qu’est-ce que j’aimerais manger des tortillas maison, rien à voir avec ces saletés qu’on trouve sous vide … Dans ma jeunesse, j’avais rapporté 2kg de tortillas de maïs du Mexique (que j’avais payé 1 dollar au marché) et je les avais mis au congèle. Quand j’y pense, ça me fait tourner la tête ! Comme quoi, malgré tout, t’as quand même bien de la chance : tu peux t’envoyer les seules tortillas maison d’Europe et du pâté de galinette cendrée !

    Répondre
    1. Claire Auteur de l’article

      Merci Kris, j’adore cette petite correspondance avec toi au bout de la planète 🙂 La prochaine fois que quelqu’un vient te voir depuis Paris, tu me fais signe, je le charge en tortillas !

      Répondre
  4. Gillou

    :))
    Réf note * bas de page: pas de pb ma Clairette, ta présentation honteusement tronquée et déformée des choses me va très bien, car elle me fournit un pitch parfait pour lancer mon cabinet sur un créneau peu occupé: la Psychothérapie à la hache et batte de baseball :). Un créneau injustement négligé, car comme disait ma mère quand je chougnais et qu’elle menaçait de me mettre une gifle: « comme ça au moins tu sauras pourquoi tu pleures » :).
    Je reste donc à ta disposition, surtout n’hésite pas 🙂
    Mille bisous d’admouration
    PS: et je note quand même que depuis, tu as pondu un sommaire, donc pas si mal, ma méthode… 😉

    Répondre
    1. Claire Auteur de l’article

      J’adore cette idée de cabinet de psychothérapie à la batte de baseball, surtout préviens moi le jour où tu ouvres, j’ai deux ou trois relations qui pourraient grandement bénéficier d’un tel traitement 🙂

      Répondre
      1. Martin

        Je me régale!!
        Etant moi même un repenti de la psychotérapie à la batte de baseball (ou plutot coup de boule en fait), j’en viens à douter de ma reconversion devant une telle démonstration d’efficacité
        Mes repères vacillent

        Répondre
        1. Claire Auteur de l’article

          Hahaha le problème de ces méthodes c’est que sur le long terme ça donne un peu mal à la tête 🙂 Cela dit, c’est vrai qu’en y réfléchissant, vous pourriez monter un cabinet avec Gillou, sur que ça aurait du succès !
          Blague à part, trop contente de te voir par ici, j’espère que tout va bien chez vous, je vous fais plein de bises à toi et Ju 🙂

  5. marjoetcie

    bon c’est décidé je rentre à Paris.
    Il y a trop de bonnes adresses là-bas et je n’aurai pas assez d’une vie pour les goûter.
    d’un autre côté si tu veux bien te dépêcher de publier ton bouquin, ça me donnera une occupation à nantes….
    oui on peut dire que j’ai un coup de mou et que paris me manque.
    faut peut-être que je rencontre ton ami psychanalyste.

    Répondre
    1. Claire Auteur de l’article

      Hahahaha c’est une méthode peut être un peu radicale que je garderai plutôt pour des gens qui me sont moins sympathiques ! Si tu as un coup de blues fais toi une journée de vacances à Paris, Nantes c’est pas si loin non ? Bises en tous les cas !!

      Répondre

Moi aussi j'ai un truc à dire !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s