Salade, carpaccio ou tartare de poulpe pressé.

Poulpe présséHola Amigos, vous êtes toujours là les copains ? Non mais parce qu’en ce moment vous pourriez faire la tronche, j’aurai du mal à vous en vouloir, spasse pas grand chose dans le coin.

C’est que je suis dans une petite phase de surmenage intensif version gigatonne, vous pouvez me croire, celle là elle est bien corsée, je dirai même qu’elle pique un peu.

Mais bon, c’est pour la bonne cause : je travaille sur l’aboutissement d’un projet que je tiens depuis 3 ans, un livre, qui va être édité et tout, imprimé sur du vrai papier d’arbre, avec une photographe-styliste qu’elle est juste la meilleure du monde, mais tout ça pour le moment c’est top secret défense, alors je trime en silence, en pensant au jour béni où je pourrai enfin vous le présenter, mais là c’est pas encore gagné vu qu’on a encore un boulot de MABOULES.

Bref.

Cela dit, même en mode survie, on ne perd pas le sens des priorités par ici. Et l’autre jour, quand ma copine Letitia m’a laissé un petit mot pour me dire qu’elle préparait du saucipoulpe, j’ai bondi sur ma chaise.

Making the saucipoulpe

Making the Saucipoulpe

Le saucipoulpe, si vous êtes un lecteur assidu de notre merveilleuse prose, c’est que vous êtes un individu sans aucun doute d’une sensibilité et d’une intelligence exceptionnelles et vous vous souviendrez donc sans doute que je vous en avais déjà parlé .

Il s’agit d’un poulpe cuit au naturel puis compressé dans un tube (ici une bouteille d’eau en plastique ça marche très bien), que l’on peut donc trancher comme un saucisson (d’où le fort drolatique surnom de saucipoulpe que nous lui avons brillamment attribué), et que je prépare en général en carpaccio … quand j’en trouve.

Car ça se trouve pas sous le pied d’un cheval le saucipoulpe. J’en trouve parfois dans des épiceries Italiennes, il y en a aussi de temps en temps au rayon saurisserie de la Grande Epicerie de Paris, mais bon, c’est quand même plutôt une denrée rare.

Alors autant vous dire que la possibilité de pouvoir se fournir en saucipoulpe est une opportunité qu’il ne faut surtout pas laisser passer quand on en a l’occasion.

Ni une ni deux j’ai bondi sur mon Twitter, et j’ai passé commande à Letitia, balance le saucipoulpe que je lui ai dit, et deux jours plus tard elle était dans mon salon avec ce magnifique objet aussi beau qu’une compression de César, un poulpe de deux kilos, proprement battu et cuit avec amour, une splendeur.

Poulpe préssé

Il y a des jours comme ça où l’on réalise à quel point l’internet mondial est fantastique, ou comment sans bouger de chez toi tu te fais de nouvelles copines, du genre une néo-calédonienne de dix ans de moins de toi, qui habite Caen et qui te prépare du saucipoulpe avec autant de talent que d’amitié, je craque.

Pour ceux qui voudrait tout savoir sur la préparation du saucipoulpe, sa généalogie, sa vie, son oeuvre; voire aurait même l’ambitieux et grandiose projet de se lancer dans sa réalisation je vous laisse donc découvrir la recette sur Piment Oiseau (oui le blog de Letitia quoi), nous ici on va plutôt parler de son assaisonnement final, le premier qui me traite de feignasse il s’en prend une.

Le saucipoulpe, on peut le trancher finement en carpaccio (bon ça se casse un peu la trombine mais c’est faisable), en tartare, ou en salade*, perso on a fait les trois, pas besoin de se prendre la tête c’est la grosse régalade à chaque fois. La texture est très tendre, fine, ce n’est ni gluant ni caoutchouteux, au contraire c’est très délicat.

Un peu comme la dernière fois, je suis partie sur l’idée d’une base de sauce citron vert-coriandre, mais dans l’esprit tex-mex plutôt que thaïlandais (ça change).

C’est bête mais le fait que les cultures culinaires mexicaines et thaïlandaises, chacune située aux antipodes de notre bonne vieille mère la planète, soient folles de citron vert et de coriandre mais de manière totalement différente me fascine. J’y pense souvent, et même parfois dans le métro j’y réfléchis, chacun ses pensées vagabondes.

Voici donc le résultat de mes différents essais, je dois dire que c’était vraiment VRAIMENT délicieux, et si vous n’avez pas de saucipoulpe sous la main, je vous conseille de le faire avec quelques moules tièdes, vous ne devriez pas regretter le voyage.

Poulpe préssé

Ingrédients pour assaisonner un tartare pour 4 personnes :

  • 5 cuillères à soupes de bonne huile do’live
  • 2 oignons frais
  • Un petit piment jalapeno émincé
  • Une botte de coriandre
  • Un quart de poivron vert (choisissez un poivron « corne de bœuf » si vous pouvez, ils ont un goût beaucoup plus fin que les autres).
  • Une cuillère à soupe de sucre de palme ou de sucre en poudre
  • 2 cuillères à soupe de Nuoc Mam
  • Du poivre blanc fraîchement moulu
  • Le jus de un citron vert et une cuillère à café de son zeste
  • Une giclée de citron jaune

Le choix du piment jalapeno est important, car c’est un piment qui va apporter plus de goût que de force. Sa saveur est très fraîche, très verte, son feu est doux et progressif, c’est vraiment un piment que j’adore. En France à ma connaissance on n’en trouve pas de frais, je l’achète donc soit en bocal en saumure (Grande Épicerie de Paris again, des sacrés voleurs ceux-là mais bon que voulez vous ils ont aussi plein de bonnes choses qu’on ne trouve que chez eux les petits malins) – soit disais-je, en version séchée à l’excellente épicerie de Bruno rue Tiquetonne, un monsieur qui s’y connait drôlement question piments et toujours de bon conseil. Sinon sur Internet par ici.

Si vraiment vous n’en trouvez pas, vous pouvez le remplacer par quelques gouttes de Tabasco vert qui est fait à base de piment Jalapeno.

Bien.

30 mn avant le service, émincez les oignons, le piment** et le poivron en tous petits TOUS PETITS cubes. C’est important.

Mélangez tous les ingrédient sauf la coriandre. Corrigez l’assaisonnement à votre goût en équilibrant bien les saveur.

Laissez reposer au frigo une vingtaine de minutes, au moment de servir, rajouter la coriandre émincée.

Moi j’aime bien avec un champagne millésimé.

Grosses bises les chéris, on revient très vite.

*salade = j’ai foiré ma découpe en carpaccio mais j’ai la flemme de re-couper le tout en tartare.

** Si vous utilisez du piment séché comme moi l’autre jour, pilez-le un peu avant pour le réduire en petits morceaux, presque en poudre.

16 réflexions au sujet de « Salade, carpaccio ou tartare de poulpe pressé. »

  1. Pierre

    Bien qu’il ne soit que 10h52… j’en ai l’eau à la bouche !!! Vivement ton livre qu’on espèrera dédicacée de la main de la grande Chef !
    Je me répète, mais encore bravo pour ce blog pas prise de tête… le ton et l’humour ne me change guère de ce que je connais des blogs moto… le cambouis sous les ongles en moins.

    Répondre
    1. Claire Auteur de l’article

      Hahaha faut que j’aille voir les blogs moto alors… Sinon of course exemplaire dédicacé, faudra quand même qu’on se fasse un pot avec les autres couillons un de ces quatre (quand je serai sortie de la glue) !

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  2. Pierre

    Et j’ajoute, dans une envolée un rien plus « philosophique » que la petitesse d’esprit actuelle, l’individualisme forcené, le peu de réflexion et de recul dus aux échanges « immédiats », la dictature de l’info à 4 balles non vérifiée, dont tout le monde se bat le coquillard, mais qu’il faut sortir à tout prix, l’absence de solidarité réelle (le sourire, la main tendue, les relations désintéressées) trouvent leur contraire dans la générosité et la simplicité de tes lignes… merci, merci, merci…

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  3. LaFrancesa

    On signe où pour rentrer dans le club des disciples du SauciPoulpe?
    Dans une ancienne vie les poulpes j’avais qu’à me baisser pour les ramasser, mais çà c’était avant ;-( et je pratiquais aussi le saucipoulpe sans savoir que ça s’appelait comme çà! Et comme une fois détaillé en tranches fines ça me rappelait furieusement le museau… je le faisais à la vinaigrette bien moutardée dans une ambiance très in the mood for les Lyonnaiseries. Mais j’avoue que l’assaisonnement avec la touche texmex, ô joie j’ai tout sauf le sucre de palme, m’inspire muchissimo!
    Besoooos

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  4. Dao

    Miam.. .. j’en veux! ca a l’air trop bon. Marrant parce que je m’étais lancée cet été aussi dans du « saucisson de poulpe » aussi donc autant te dire que ton post me parle! – en version thai de mon coté http://wp.me/p389oa-ut Mais prochain essai, dès que j’ai le courage de me réattaquer à la bête, je lui flanque un coup de jalapeno.. et pour vaincre ma paresse, il y a juste à reregarder tes photos 🙂 !

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  5. Patrick Cadour

    Elle n’habite plus à Caen Letitia ? Elle m’a raconté son poulpe en bouteille au restau chinois* voici une quinzaine, j’en bavais déjà, et j’étais bien content de voir son billet avec la technique, c’est drôle de le voir voyager jusqu’à chez toi, c’est vrai que cool les blogs pour ça…

    * Un super chinois que tu perds à ne pas connaître, mais bon courage pour le boulot, on ira plus tard.

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    1. Claire Auteur de l’article

      Coucou, ha oui faudra même qu’on se fasse genre un stage intensif un resto par semaine pour rattraper le retard ! Bises et continue de donner des news hein même si je suis dans le trou c’est chouette d’avoir des news des copains 🙂

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  6. Létitia

    YOUHOU et grâce à l’internet mondial j’ai déménagé de Caen à Nantes sans bouger de ma chaise ^^ Ravie que ça t’ait plu,promis la prochaine fois on en fera ensemble!Et cette fois ça ne se cassera pas la figure! Bises de Seoul ! (Ca doit être bon avec du kimchi ^^)

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  7. Claire Auteur de l’article

    HAN mais je suis trop conne, je sais pas pourquoi je tiens absolument à ce que tu habites Nantes, toutes mes excuses !!! Hâte de faire ça avec toi à ton retour, et envoie plein de news/photos de Séoul ok ? Quant à l’idée du poulpe avec le kimchi, je dirais juste qu’elle est grande 🙂

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  8. Armand

    Le poulpe c’est trop bon. Froid en salade, c’est fameux (je crois que je préfère une vinaigrette bien aillée et avec beaucoup d’herbes fraiches à toute autre, mais c’est un goût personnel) il faudra donc que je l’essaye façon saucisson. C’est aussi très bon quand c’est chaud, par exemple en daube (cuit au vin rouge, oui madame : en daube provençale – avec les lardons fumés, la peau d’orange et les épices qui vont bien). Le poulpe, ça rappelle le homard, mais en moins cher. Je vais me faire ce saucisson, tiens, dès que je trouverai du poulpe.

    La seiche c’est bon aussi, l’avez-vous essayée à l’américaine ? Et le calamar farci aux épinards, vous connaissez ça, jeune fille ? Enfin n’empêche : le poulpe, c’est drôlement bon. Mes derniers poulpes étaient minuscules, je les ai fait cuire dans une sauce tomate avec des poivrons et des olives, on s’est régalés : il faut un très gros poulpe pour pouvoir le saucissonner, non ?

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  9. aupaysdespiments

    Très chouette recette que je range dans la liste des choses à tester 🙂
    Je découvre avec ton billet le magnifique blog de griottes ! Wouahhh, si tu sors un livre avec tes recettes super fantastiques et ses photos trop belles, je m’inscris pour en commander un exemplaire !
    Je suis en extase devant les images de ce blog, elles sont simples, poétiques, colorées, originales. Cela change de ce que j’ai l’habitude de voir sur pinterest :-), je n’aime définitivement pas cette mode de photos de de nourriture prises sur un fond de vieux bois qui fait moche et sale ou sur un fond foncé, presque noir… Là, on y envie de croquer le tout, y compris la photo 😉
    Allez courage pour ce livre… finis-le vite qu’on puisse l’avoir entre nos mains !

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