El Bulli Hotel, Part 2 : La cena (le dîner).

Aventure

Aventure

… et donc (enfin) nous voila au soir du dîner gastronomique. Je vous préviens tout de même qu’on a plutôt préféré manger que de prendre des photos (d’autant plus que la serveuse nous a souvent précisé qu’il fallait manger « tout de suite, tout de suite », donc on s’est exécutés en prenant le risque immense de vous décevoir, très chers lecteurs).

Arrivée à 20h30 au restaurant, donc. Décor joli, sobre; et ambiance chaleureuse et souriante (certains établissements français peuvent s’en inspirer, ça ne leur fera pas de mal, soit dit en passant).

Le menu dégustation nous est proposé. Autant vous le dire, comme dans tout repas gastronomique, il y aura des hauts et des bas ; divisons donc, si vous le voulez bien, ce menu en quatre catégories de plats.

Menu

Menu

Passons d’abord (et rapidement) sur la catégories des plats sans intérêt (rouget au chou, civet de lapin, gnocchis de polenta)  – de cela il n’y a rien à dire.

En remontant l’échelle, on arrive au groupe des choses rigolotes et gourmandes, comme ces « Chanquetes » (petits anchois frits); ou le « Sandwich au jambon » : une sorte de gressin creux, enroulé de sublime jambon de Jabugo. Également curieux et tout à fait agréable, un « Pain de mie de chocolat blanc » – une espèce de mousse glacée au chocolat blanc, saupoudrée de poudre de yaourt.

Chanquetes (au fond le bocal "d'olives")

Chanquetes (au fond le bocal "d'olives")

Arrive ensuite le groupe des plats absolument délicieux : « Foie gras aller retour » impeccable, « Glace à l’œuf et à l’orange confite » remarquable  – et surtout un « Ajo blanco » (soupe d’amandes fraîches) aux langoustines tout à fait exceptionnel.

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Et puis il y a le dernier groupe, celui des inclassables :

  • Les « Olives sphériques« , remplies d’un concentré d’olive éclatant, une espèce de bombe gustative infernale ( j’en ai repris cinq fois, au secours, ils avaient laissé le bocal sur la table). L’aspect est vraiment celui d’une olive, le toucher est plus souple. Le rendu est merveilleux – encore plus, sans doute pour les toqués d’olives de mon espèce.
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  • Le « Jambon de toro« . J’ai cru au départ qu’il s’agissait de jambon de taureau (qui s’écrit toro en espagnol) – mais il faut en fait comprendre
    Jambon de Toro

    Jambon de Toro

    « toro » à la japonaise : à savoir la partie grasse et persillée du thon, si délicieuse que sa quête engendre les pires folies. Arrivent sur une planche 6 tranches ultra-fines de cette sublime chair, chacune ayant été badigeonnée au pinceau de graisse de jambon Pata Negra (!). Le résultat en bouche est d’une telle magnificence que j’en reste émue en y repensant. C’est une chose qu’il faut avoir gouté dans sa vie : les sens sont bousculés, le cerveau ère entre terre et mer, c’est un délice absolu.
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    Tortilla déconstruite (photo non prise sur place)

    Tortilla déconstruite (photo trouvée sur le net)

  • Enfin, last but not least, la « Tortilla déconstruite« . En la voyant arriver celle là, j’ai su que nous avions bien fait de venir. S’il y a un plat qui représente Ferran Adria dans le monde entier, c’est celui-ci. C’est donc maintenant que l’on va voir s’il y a arnaque ou pas, si l’objet est plus snob que sincère. On retient notre souffle et on plonge bien la cuillère, jusqu’au fond, pour avoir tous les éléments. On met en bouche. On se recueille. On déguste. C’est comme la meilleure tortilla du monde, mais encore meilleure. La déconstruction des textures apporte une légèreté et un onctueux impossibles à obtenir avec une tortilla traditionnelle. C’est tout simplement génial.
Olive Sphérique

Olive Sphérique

Pour un seul de ces trois derniers plats, le voyage vaut le détour, et Ferran Adria mérite sa réputation. Il apporte à la gastronomie une révolution qui n’est authentique que parce qu’au départ, son talent de cuisinier est remarquable. Comme Picasso était d’abord un très grand peintre figuratif, afin de pouvoir de déstructurer les codes de la peinture ; la proposition d’Adria bouleverse parce qu’elle est d’abord une vision de grand chef et de gourmand.

C’est en tous les cas ce que nous en avons ressenti, ce que nous avons retenu de cette expérience – et c’est pour cela que nous y retournerons (dès qu’on gagne au loto).

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El Bulli Hotel – Hacienda Benazuza.

L’hôtel propose en basse saison (l’été donc) des forfaits « Loisirs et Gastronomie » à 650 € par personne comprenant :

  • deux nuits d’hôtel en chambre supérieure (avec terrasse privée et accès direct aux jardins)
    Accès à la chambre

    Accès à la chambre

  • les petits déjeuners (36 € par personne hors forfait)
  • les transferts en grosse berline avec chauffeur depuis l’aéroport
  • deux menus gastronomiques au restaurant étoilé (110 € par personne hors forfait)
  • deux déjeuners (pantagruéliques) au bar de la piscine
  • deux consommations au choix au bar de l’hôtel
  • deux accès au spa et deux massages

C’est donc cher, mais le package est intéressant vu la qualité de la prestation. L’hôtel est magnifique, les jardins sont superbes (ne pas rater le jardin aux herbes aromatiques) – enfin bref c’est un petit paradis qui mérite le détour si vous avez quelque chose à fêter.

Piscine

Piscine

Patio principal

Patio principal

Grenadier

Grenadier

Faut être rapide pour choper les lits ...

Faut être rapide pour choper les lits ...

Jardin d'herbes arômatiques

Jardin d'herbes arômatiques

Dessous de verre

Dessous de verre

Philosophie ...

Philosophie ...

Programme des réjouissances

Programme des réjouissances

7 réflexions au sujet de « El Bulli Hotel, Part 2 : La cena (le dîner). »

  1. qmmf

    magnifique, que de découvertes appétissantes! et ce jambon de toro… ça me laisse bouché bée même sans y avoir gouté. J’avoue avoir un faible pour la piscine aussi!
    Bon, en partant de là, on se pose déjà la question c’est quand qu’on revient j’imagine! NB autre faible pour la grosse berline avec chauffeur aussi… 😉

    Répondre
  2. So

    Merci pour ce très chouette descriptif qui donne effectivement très envie. Je pense que ce genre d’endroit se mérite, vu le prix, j’attendrai alors une occasion very very special pour y aller …
    So

    Répondre
  3. marie

    merci pour ce compte rendu, ce n’est pas un cuisinier qui m’attire mais il est vrai qu’il a tellement découvert de techniques, procédés et fait évoluer la cuisine qu’il est désormais incontournable. j’espère avoir le temps et la chance d’y aller

    Répondre
  4. Ping : Restaurant : la meilleure surprise de l’année – un titre autoproclamé dans la Plus petite cuisine du monde. « La plus petite cuisine du monde … ou presque !

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