Yaourt pris à la vanille et à l’orange, pèches pochées à l’anis.

Pèches à l'anis, yaourt à l'orange Si vous ne savez pas encore que je vénère le Jerusalem de Yotam Ottolenghi et Sami Tamimi, c’est que vous n’êtes pas venus par ici depuis bien trop longtemps, mes pauvres chéris installez-vous, on a du vous manquer atrocement, on va bien s’occuper de vous pour vous réconforter.

Je suis littéralement obsédée par ce livre, je ne cesse de le relire, de le feuilleter, de repenser à ce que j’y ai lu, et surtout, de le cuisiner.

Je crois que jamais je n’ai fait autant de recettes d’un livre en aussi peu de temps, et ce pour une bonne raison : c’est sublime à chaque fois. Les parfums sont équilibrés, originaux, justes : si vous suivez la recette avec les bons ingrédients, vous êtes certains de vous régaler et de vous offrir un aller direct pour la méditerranée avec option moyen orient.

J’ai testé entre autres et en vrac : de sublimes boulettes de poulets aux courgettes pourtant toutes simples, un riz à la pistache baroque et parfumé, des citrons confits incisifs et puissants, une salade de haricots aux saveurs totalement nouvelles, une marmite de fruits de mer au délicat parfum anisé, ou encore un caviar d’aubergine aux graines de grenade beau comme un coffret à bijoux : TOUT est à crever.

De retour de vacances, après plusieurs semaines sans pouvoir me replonger dans cet univers gustatif aussi dépaysant que remarquable, je me suis précipitée dessus comme une morte de soif et j’ai cuisiné un repas entier avec des recettes tirées du livre, comme ça crac ça m’a pris comme une colique.

Comme d’habitude, tout était délicieux – mais une des recettes nous en a vraiment collé une bonne, et pour une fois, c’était le dessert.

C’est une sorte de pannacotta à base de crème fraîche pour l’onctuosité, et de (vrai) fromage blanc grec pour la très délicate acidité. Ce petit édifice fondant est parfumé de vanille et d’une touche de zeste d’orange. Les pèches quant à elles sont pochées dans un sirop vanillé, marqué par la saveur anisée de l’Arak.

Pèches à l'anis, yaourt à l'orange

Le tout, agrémenté de pistaches croquantes, est splendide : une petite explosion surprenante et orientale, cela faisait très longtemps que je n’avais pas été aussi contente d’un dessert.

Du coup, quoi qu’on fait ?

Ben on vous donne la recette les chéris, et pour ceux qui seraient tentés par une plongée plus en profondeur dans le cœur culturel et gourmand de Jérusalem, ma copine Esterelle m’a glissé que le livre allait enfin sortir en langue française incessamment sous peu, vous savez désormais que demander à Noël à la place d’une machine à faire mousser la bière*.

Ingrédients pour 6 personnes :

  • 6 pêches plates blanches
  • 4 feuilles de gélatines (7g au total)
  • 200 ml de bonne crème fraîche épaisse
  • 200 ml de lait entier (frais si possible)
  • 150 gr de sucre (il y en a plus dans la recette d’origine mais j’ai trouvé ça un poil trop)
  • Une belle gousse de vanille
  • Le zeste d’un quart d’orange
  • 200 gr de VRAI formage blanc grec que vous trouverez chez votre traiteur grec ou dans certains Monoprix sous la marque Total de Fage. Si vous n’en trouvez pas, remplacez-le par des petits suisses, mais PAS par le yaourt à la grecque bleu auquel vous pensez, ce n’est pas du tout le même produit.
  • 250 ml d’eau
  • 125 ml d’Arak que vous pouvez remplacer par un autre alcool blanc anisé comme l’Ouzo par exemple, moi j’ai utilisé du Pontarlier c’était très bien merci.
  • 4 cuillères soupe de jus de citron
  • 20gr de bonnes pistaches non salées.

La veille, faites ramollir la gélatine dans de l’eau bien froide. Placez la crème et le lait dans une casserole, ajoutez 70 gr de sucre, la gousse de vanille, le zeste d’orange. Faites chauffer doucement et retirer du feu dès le premier frémissement.

Si le mélange tourne (vous observez des petits points blancs solides se baladant dans le liquide), filtrer et rajouter deux cuillères à soupe de crème crue pour compenser le gras perdu.

Placez le yaourt grec dans un saladier, et fouettez tandis que vous ajoutez doucement le mélange lait+crème. Essorez bien la gélatine et rajoutez-la au mélange. Fouettez bien jusqu’à ce qu’elle se soit totalement dissoute.

Vous aurez rincé la gousse de vanille, que vous mettrez de côté.

Versez dans un saladier ou dans des pots individuels, couvrez de film plastique et placez au frigo pour la nuit (au minimum 5h).

Préparez ensuite les pèches.

Versez l’eau, l’arak, la gousse de vanille rincée, et le reste du sucre dans une casserole.

Coupez les pèches (rincées) en deux, retirez leur noyau.

Portez le sirop à ébullition et plongez-y les pèches. Laissez frémir doucement pour une dizaine de minutes. Au moment de couper le feu, vérifiez que les pèches sont bien cuites à cœur : la chair doit être souple.

Retirez la casserole du feu et laissez refroidir les pèches dans le liquide. Placez ensuite au réfrigérateur pour quelques heures (les pèches se conserveront très bien deux ou trois jours dans leur liquide).

Au moment de servir, placez deux belles cuillères à soupe de yaourt pris dans chaque assiette. Ajoutez une demie pèche ou deux selon l’appétit des convives. Arrosez d’un peu de sirop (qui aura pris une jolie couleur rose), de quelques gouttes d’arak, et des pistaches légèrement concassées.

Servez bien froid avec un beau vin d’Alsace, fruité mais pas trop.

* Je remercie madame Electroméninges et ses délicieuses trouvailles pour cette merveille.

22 réflexions au sujet de « Yaourt pris à la vanille et à l’orange, pèches pochées à l’anis. »

  1. FlorenceMKoenig - Rossini's Girl

    En tant que membre de la #TeamJerusalem je ne peux que te féliciter pour ce post !
    Justement j’avais envie de la tester mais nous ne sommes pas très saveurs anisées à la maison… Est-ce que c’est subtil ou plutôt présent dans le goût final ? Je me disais que je pouvais remplacer par de la fleur d’oranger mais avec la pêche j’hésite..
    Vivement que Levant soit dispo aussi en France…
    Bonne rentrée !

    Répondre
    1. Claire Auteur de l’article

      Ecoute franchement le résultat est très subtil donc je te conseillerais d’essayer avec l’anis, peut être en diminuant un poil les quantités. Le problème si tu utilises la fleur d’oranger, c’est que cela risque de faire « doublon » avec le parfum d’orange du yaourt – alors que ce qui est beau, c’est justement les contrastes.

      Répondre
  2. Dao

    mmm ça a l’air top, tu m’as convaincue. ya plus qu’à aller faire les courses, gélatine, from blanc, des pêches , des pistaches .. pff enfin bref j’ai rien à part du ricard pour commencer la recette ..:)

    Répondre
    1. Claire Auteur de l’article

      Attention : pas de Ricard mais de l’anis blanc, c’est pas pareil ! Dans le Ricard il y a de la réglisse, le gout est plus fort (moins fin à mon avis). Donc t’as rien du tout en fait 🙂

      Répondre
    1. Claire Auteur de l’article

      Là c’est très original en plus ! Sur ton blog tu nous souhaite de prolonger un peu les vacances, voila une vraie belle recette pour repartir 🙂

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  3. Darya

    C’est drôle, quand j’ai lu le début de ton billet, je me suis dit, tiens, elle parle pour moi; « obsédée », « jamais autant cuisiné dans un seul livre », etc. Puis tu as dressé la liste des recettes et là je me dis mince, j’en ai fait plein, mais aucune de celles que tu as citées ! Celle-ci a l’air délicieuse, je n’aime pas l’Arak bu tel quel, mais en cuisine, cela ne me dérange pas, j’avais découvert ça dans Plenty d’ailleurs, avec une papillote de champignons à l’estragon et au pastis, une belle recette dans un bien beau livre (aussi).

    Répondre
      1. Darya

        Sur le blog, j’ai évoqué le kuku aux fèves et la salade de persil orge et feta. Les deux adoptées, refaites plusieurs fois, et intégrées à mon petit « répertoire ».
        Sinon, j’ai fait toutes les recettes aux blettes (beignets, poêlée au tahini et yaourt, et « blé-sotto à la mélasse de grenade – super moche, mais super bon), la salade de chou fleur et noisettes, la salade de carottes épicée, le tabouleh (pas mon préféré mais vive l’ajout de poivre de la Jamaïque, ça change tout), purée de betteraves et yaourt (délicieux), aubergines à la chermoula, boulgour et yaourt (très bien), risotto d’orge, tomates et feta, Mejadra, soupe de cresson et pois chiches (refait plusieurs fois, surprenant mais délicieux), le poulet aux oignons caramélisés et riz à la cardamome, les feuilles de brick et le riz au lait à la cardamome. Ouf !

        Répondre
        1. Claire Auteur de l’article

          Ha oi aussi j’ai fait aussi les aubergines à la chermoula (énormes) et le poulet aux oignons et riz cardamome (une tuerie). Dans le genre super moche j’ai fait aussi la salade courgettes et tomates grillés, délicieuse mais un drôle de gloubiboulga, et la sauce rose fait penser à une horrible sauce cocktail 🙂

  4. Anne

    Aussi accro à ce livre ! Un des rares livres de cuisine où j’ai fait (et refait) autant de recettes … et où j’ai autant envie d’en faire. Parmi les recettes fétiches : « Conchiglie with yaouth, peas & chilli » (explosion de saveurs dans sa simplicité) , « raw artichole & herb salad » et sa version rapide au fond d’artichauts congelés, « mixed bean salad » « roasted chicken with clementines & arak » … et tant d’autres. Bonne nouvelle que sa parution en français. Je vais donc tester ce dessert, affaire à suivre. Merci.

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      1. Anne

        Recette testée … un régal.Et à elles-seules, les pêches au sirop (j’avais surdosé) font un dessert des plus parfumés : surtout avec le trait final d’arak !

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  5. Diana P. Gemelli

    Bonjour Claire, félicitations pour ton blog! Est-ce que tu pourrais me dire si finalement le livre Jerusalem est disponible en version française? Tu en parles dans ton texte mais malgré plusieurs recherches sur le net je n’ai rien trouvé. Merci!

    Répondre
    1. Claire Auteur de l’article

      Coucou Diana, merci de ta visite ! Non je n’en sais pas plus malheureusement, c’est une de mes amies journaliste qui m’a dit cela mais je ne sais rien d’autre, même pas quel est l’éditeur ! Je vous dis dès que j’ai de l’info !

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  6. Diana P. Gemelli

    Merci Claire! Je pense que je vais l’acheter en anglais et comme d’hab c’est mon mari qui va traduire!!!! Aujourd’hui, en voyant un paquet de pain lavash que j’avais dans ma cuisine, je me suis demandée si je pourrais le faire moi-même et comme par hasard je tombe sur ta recette de ce sandwich que tu mangeais dans ton ancien quartier (le 5°) qui est le mien! J’irai y faire un tour. A très vite!.

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  7. Mafavic

    Je suis tombée sur ce livre que j’avais en tête après tes éloges et celles de France inter.
    C’est bien simple, cela fait plusieurs heures que je n’arrive pas a m en détacher. Je crois que je viens de découvrir mon livre de cuisine préféré. Mélange de tranches de vie et de savoirs culinaires, j ai l impression de sentir le soleil d’Israël!
    Merci du conseil

    Répondre
    1. Claire Auteur de l’article

      Ha ca me fait trop plaisir ! Cest bien plus qu’un livre de cuisine, je suis daccord. Et je ne me lasse pas des recettes, le week rnd dernier on a fait le poulet aux clementines, cetait trrrrop bon !!

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