La plus petite cuisine du monde ... ou presque !

La meilleure salade de carottes du monde et le pilpelchuma de Yotam Ottolenghi

Salut à vous mes canards laqués croustifondants, aujourd’hui est un grand jour à marquer d’une pierre blanche dans votre vie de gourmands, aujourd’hui est le jour où grâce à la PPCM vous allez découvrir le PILPELCHUMA.

Cela ne vous dit sans doute rien pour le moment, vous ne mesurez donc pas encore l’énormité de la chose. Vous ne savez pas que grâce à ce condiment tunisien vous allez vivre d’intenses moments de bonheur gustatif et accroître immensément, si cela est encore possible, votre réputation de cordon bleu éclairé.

Je vous explique : j’ai fait cette salade de carottes l’été dernier lors d’une de ces élégantes party dont j’ai le secret et que le monde entier m’envie. Il y avait là 42 invités triés sur le volet, réunis afin de fêter le passage en France de ma Charlotte nationale et de son tendre époux.

42 invités, fins gastronomes et esthètes comme vous vous en doutez.

Et bien, ces 42 personnes sont toutes venues me voir tour à tour pour me demander «  … mais qu’est-ce que tu as mis dans cette SALADE DE CAROTTES  ???« .

Et ils m’en parlent encore.

Il faut dire que ce truc là est une véritable bombe, j’ai d’ailleurs compris que c’était précisément cet assaisonnement qui me rendait dingue dans les salades des Délices de Kifolie, ce traiteur juif tunisien du boulevard de Belleville que je fréquente aussi souvent que je peux et dont je vous avais déjà parlé ici.

C’est dans le mythique livre Jerusalem de Yotam Ottolenghi que j’ai découvert le pilpelchuma, et depuis, il n’a plus jamais quitté mes placards (ou mon frigo en fait puisque cela se conserve au frais).

En voici donc la recette, précipitez vous les enfants, vous ne pourrez ensuite plus vous en passer. J’en mets partout : dans mes farces de viandes, dans mes marinades, dans mes soupes, il fait partie de ce genre d’ingrédients magiques qui rend tout le monde marteau, je pars même en vacances avec.

Ingrédients pour un pot de sauce pilpelchuma : 

Ceux d’entre vous qui ont le livre auront sans doute remarqué que je change les proportions de la sauce, Ottolenghi met deux fois plus d’ail, à vous de voir.

Réhydrater les piments secs dans un peu d’eau bouillante. Laisser reposer 30 mn.

Les émincer après leur avoir enlevé la queue et les pépins.

Tout passer au blender, bien mixer. Ajouter l’huile en filet.

Allonger éventuellement avec plus d’huile que prévu, afin d’obtenir une pâte épaisse et relativement homogène.

Conserver au frigo dans un pot stérilisé.

Pour la salade de carotte qui tue sa race de folie furieuse :

Placer les carottes entières dans une casserole, recouvrir de bouillon et porter doucement à ébullition. Laisser frémir une petite quinzaine de minutes, jusqu’à ce qu’elles soient juste tendres. Passer sous l’eau froide pour stopper la cuisson puis égoutter.

Couper en tranches régulières de 5mm d’épaisseur environ.

Faire revenir l’oignon blanc émincé dans la moitié de l’huile très chaude, jusqu’à ce qu’il soit bien doré (et je me rends compte en écrivant cela que j’ai oublié de mettre ce fichu oignon sur la photo).

Dans un saladier, placer l’oignon frit, le pilpelchuma, le cumin, le carvi, le sucre, le vinaigre, du sel, et le reste d’huile. Bien mélanger.

Ajouter les carottes, mélanger de nouveau.

Laisser reposer une vingtaine de minutes afin que les arômes se développent et se mettent en place (étape indispensable).

Placer sur un plat et ajouter quelques feuilles de roquette et de coriandre.

 * La recette originale utilise du piment de cayenne, mais la première fois que je l’ai faite, je me suis trompée das la traduction, et j’ai mis à la place du poivre noir en grains. En fait j’aime beaucoup comme cela (avec du poivre), je sais c’est pas la même chose du tout, à vous de voir comment vous voulez doser vos goûts et vos piquants. De toutes les façons il y a une tétratonne d’ail dans ce truc, c’est ce qui ressort le plus alors voila.